Le 19 février 2026, un arrêté modificatif majeur est venu bouleverser la réglementation incendie des établissements recevant du public (ERP) en France. Publié au Journal officiel le 22 février, ce texte répercute largement la doctrine des sapeurs-pompiers de la préfecture de police de Paris pour les constructions biosourcées, avec des implications directes pour les structures métalliques et mixtes acier-bois. Décryptage des enjeux techniques, des nouvelles obligations de calcul et des solutions de protection passive pour les professionnels du bâtiment.
1. L’arrêté du 19 février 2026 : ce qui change fondamentalement
Après des années de négociations tendues entre la filière bois et les sapeurs-pompiers, l’arrêté modificatif du 19 février 2026 vient remplacer la fameuse « doctrine bois » appliquée depuis juillet 2021 par les pompiers de Paris. Ce texte modifie l’arrêté du 25 juin 1980 relatif à la protection contre l’incendie des ERP et instaure des règles désormais nationales, applicables à toutes les constructions biosourcées — et par extension aux structures mixtes acier-bois qui se multiplient dans le neuf comme en rénovation.
Parmi les innovations majeures, le texte introduit le concept de « Bâtiment à structure primaire combustible autorisée » (BSPCA), qui concerne les ouvrages d’une certaine taille. Les circulations verticales doivent désormais être sanctuarisées avec une durée de résistance garantie au feu, et les balcons filants doivent être équipés de coupe-feu 30 minutes. L’entrée en vigueur officielle est prévue pour juin 2027, mais les pompiers disposant d’un droit de refus d’ouverture d’ERP, le texte devient une référence de fait dès maintenant dans les discussions préliminaires de permis de construire.
2. Impacts sur le calcul des structures métalliques et mixtes
Pour les bureaux d’études comme ANDO, spécialisés dans les structures métalliques et bois, l’arrêté du 19 février 2026 a des conséquences directes sur les notes de calcul et les choix de conception. La résistance au feu des éléments porteurs — poteaux, poutres, assemblages — doit désormais être justifiée selon des exigences renforcées, quel que soit le matériau.
Les nouveaux défis pour l’ingénieur structure
- Calcul au feu selon les Eurocodes 3 et 5 : L’arrêté renvoie directement aux méthodes de calcul des Eurocodes pour justifier la stabilité au feu des structures métalliques (EN 1993-1-2) et bois (EN 1995-1-2). Les durées de stabilité exigées augmentent pour certaines catégories d’ERP.
- Protection passive indissociable : Le texte impose une « protection passive indissociable » de la structure, ce qui exclut les solutions rapportées amovibles. Les systèmes d’encapsulage, de flocage et les peintures intumescentes doivent être conçus pour durer toute la vie de l’ouvrage.
- Mixité acier-bois : Les structures mixtes (portiques acier avec remplissage bois, planchers bois sur poutres acier) doivent faire l’objet d’une attention particulière aux interfaces, où la continuité de la protection feu est cruciale.
- Inspections régulières obligatoires : Les ERP devront faire l’objet de contrôles périodiques pour vérifier le maintien en état des protections incendie, ce qui implique une traçabilité documentaire renforcée dès la conception.
3. Solutions techniques de protection feu pour structures métalliques
Face à ce durcissement réglementaire, plusieurs solutions de protection passive existent pour les structures métalliques. Le choix dépend de la durée de stabilité au feu requise (30, 60, 90 ou 120 minutes), de la destination de l’ERP et des contraintes architecturales.
Les 3 grandes familles de protection
- Peinture intumescente : Solution la plus esthétique et la plus répandue. Sous l’effet de la chaleur, la peinture gonfle et forme une couche isolante qui retarde l’échauffement de l’acier. Son épaisseur est dimensionnée par un calcul thermique précis selon l’Eurocode 3.
- Flocage et projection de fibres : Solution économique pour les structures non apparentes (parkings, zones techniques). Offre d’excellentes performances thermiques mais nécessite un confinement pour éviter les poussières.
- Encoffrement par plaques : Plaques plâtre ou silicate de calcium fixées sur ossature métallique autour des poteaux et poutres. Solution robuste et durable, particulièrement adaptée aux exigences de « protection indissociable » du nouvel arrêté.
« La nouvelle réglementation ne veut plus discriminer les matériaux, mais elle impose des exigences de performance bien plus précises et documentées. Pour les bureaux d’études, cela signifie qu’une note de calcul au feu détaillée selon les Eurocodes devient indispensable dès l’avant-projet. »
4. BIM et modélisation numérique : des outils clés pour la conformité
La complexité croissante des vérifications réglementaires rend indispensable le recours aux outils numériques de modélisation BIM. Chez ANDO, l’utilisation de logiciels comme GRAITEC Advance Design, TEKLA Structures et IDEA STATICA permet d’intégrer dès la phase de conception les exigences de résistance au feu dans le modèle numérique.
Le BIM offre plusieurs avantages décisifs pour la conformité au nouvel arrêté :
- Visualisation des zones de protection : Chaque élément porteur se voit attribuer une classe de résistance au feu, matérialisée dans la maquette numérique.
- Détection des interfaces critiques : Le modèle 3D repère automatiquement les points de contact entre matériaux (acier/bois) où la protection incendie doit être renforcée.
- Documentation et traçabilité : La maquette BIM constitue la base documentaire idéale pour les inspections périodiques imposées par le nouvel arrêté.
L’événement Tech for Construction qui se tiendra le 8 octobre 2026 à Paris mettra d’ailleurs en lumière le rôle croissant de la modélisation, de l’IA et de l’IoT dans la sécurité incendie des bâtiments — une tendance de fond confirmée par la nouvelle réglementation.
5. Les coûts et délais : ce qu’il faut anticiper
Le nouvel arrêté a un impact direct sur les budgets des opérations de construction et de rénovation d’ERP. Selon les analyses de la filière, le surcoût lié aux nouvelles exigences de protection incendie peut être estimé selon plusieurs facteurs :
| Solution de protection | Impact coût estimé | Délai de mise en œuvre |
|---|---|---|
| Peinture intumescente (R60) | +15 à 25 €/m² | 1 à 2 semaines |
| Flocage projeté (R90) | +10 à 18 €/m² | 1 semaine |
| Encoffrement plaques (R120) | +30 à 50 €/m² | 2 à 3 semaines |
| Étude de calcul au feu (BET) | +1 500 à 5 000 € | 1 à 3 semaines |
Au-delà du coût direct des solutions, c’est surtout l’anticipation qui est clé. Intégrer la sécurité incendie dès l’esquisse permet d’optimiser le dimensionnement et d’éviter des surcoûts de dernière minute. Comme le souligne l’étude des coûts des matériaux de construction 2026, les prix de l’acier et du bois restent à des niveaux élevés, et toute reprise en phase exécution pénalise fortement le budget global.
💡 Verdict ANDO : L’arrêté du 19 février 2026 marque un tournant réglementaire majeur qui exige une montée en compétence rapide de tous les acteurs de la construction. Chez ANDO, bureau d’études structures certifié OPQIBI basé à Lille, nous accompagnons nos clients — industriels, collectivités, architectes et maîtres d’ouvrage — dans l’adaptation de leurs projets à cette nouvelle donne. Notre maîtrise des Eurocodes, du calcul au feu sous GRAITEC Advance Design et IDEA STATICA, et de la modélisation BIM TEKLA nous permet de vous garantir des notes de calcul conformes et des solutions de protection optimisées, sur toute la France (Lille, Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Nantes).
6. Comment préparer vos projets 2026-2027
Pour les maîtres d’ouvrage et les architectes qui lancent des projets d’ERP, voici les étapes clés à suivre pour intégrer sereinement la nouvelle réglementation incendie :
- Diagnostic réglementaire amont : Avant le dépôt de permis de construire, faites réaliser une analyse des exigences de stabilité au feu applicables à votre ERP, en fonction de sa catégorie, de son effectif et de sa hauteur.
- Note de calcul au feu précoce : Confiez à un bureau d’études spécialisé comme ANDO le calcul de résistance au feu de la structure portante, idéalement dès la phase APS/APD.
- Choix de la solution de protection : Comparez les options (peinture intumescente, flocage, encoffrement) en fonction de vos contraintes esthétiques, budgétaires et de durée de vie.
- Intégration BIM : Exigez une maquette numérique intégrant les zones de protection incendie, les équipements de sécurité active (sprinklers, désenfumage) et les chemins d’évacuation.
Pour aller plus loin, consultez nos guides : Diagnostic structurel charpente métallique : le guide 2026 et Expertise structure métallique : guide complet pour vos projets.
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