Le 19 février 2026, un arrêté modificatif est venu profondément remanier la réglementation incendie des établissements recevant du public (ERP) en France, en intégrant largement la doctrine des sapeurs-pompiers de la préfecture de police de Paris pour les constructions biosourcées. Pour les professionnels de la construction bois — bureaux d’études, architectes, entreprises de charpente — ce texte marque un tournant décisif qui redéfinit les règles de conception, de calcul et de mise en œuvre des structures bois apparentes. Décryptage complet de cette réforme et de ses implications concrètes.
1. Ce que change l’arrêté du 19 février 2026 pour la construction bois
Publié au Journal Officiel le 22 février 2026, l’arrêté modificatif du 19 février 2026 vient modifier celui du 25 juin 1980 qui fixait jusqu’alors les règles de sécurité incendie dans les ERP. Il répercute très largement la « doctrine » des sapeurs-pompiers de la préfecture de police de Paris pour les constructions biosourcées — un changement attendu mais dont l’ampleur a surpris bon nombre d’acteurs de la filière bois.
Concrètement, le texte impose désormais des exigences renforcées concernant le bois apparent dans les ERP : protections passives indissociables, encoffrements, limitations des surfaces de bois visibles, et inspections régulières pour vérifier la pérennité des protections. L’objectif affiché est de concilier les atouts environnementaux du bois — matériau biosourcé, renouvelable et stockant le carbone — avec des exigences de sécurité incendie jugées indispensables par les services de secours.
2. Les nouvelles contraintes techniques pour les structures bois
L’arrêté modificatif introduit plusieurs concepts qui bouleversent les pratiques architecturales et d’ingénierie en vigueur :
Les mesures clés du nouveau texte
- Protection passive indissociable : les éléments bois doivent désormais être protégés par des systèmes de protection passive agréés, indissociables de la structure, dont le maintien en état doit être vérifié régulièrement.
- Encoffrement des structures : les poteaux, poutres et planchers bois doivent faire l’objet d’encoffrements ou de protections rapportées certifiées, avec des performances au feu minimales renforcées.
- Limitation du bois apparent : le pourcentage de bois visible dans les volumes intérieurs doit être précisé dès le dépôt du permis de construire, avec des seuils maximaux par catégorie d’ERP.
- Inspections périodiques obligatoires : les ERP devront justifier d’inspections régulières des protections incendie pour conserver leur autorisation d’exploitation.
- Double dimensionnement : pour les ouvrages d’une certaine hauteur, la réglementation impose des solutions « ceinture et bretelle » avec des surcoûts potentiels importants.
« L’arrêté modificatif est insoluble dans l’architecture bois actuelle, sinon par des jugements à l’emporte-pièce selon lesquels rien ne serait plus possible, tout deviendrait trop cher, que l’architecture bois ne montrerait plus le bois. Il faut préciser dès le dépôt de permis de construire, pour chaque volume et précisément, la part de bois apparent. »
3. L’impact sur la filière bois : entre adaptation et opportunités
La publication de cet arrêté intervient dans un contexte où la filière bois française fait preuve d’une résilience remarquable. Malgré un marché du neuf en retrait, la construction bois continue de progresser, portée par la rénovation, les marchés publics et la demande croissante de bâtiments bas carbone. Selon une enquête récente de Batiweb, les entreprises de charpente et de construction bois ont su diversifier leurs marchés pour amortir le choc de la conjoncture.
L’arrêté du 19 février 2026 pourrait toutefois freiner cette dynamique en renchérissant le coût des solutions bois en ERP. Certains experts estiment que les surcoûts liés aux encoffrements et aux protections passives pourraient atteindre 20 à 30 % sur certains projets. Mais d’autres y voient une opportunité de maturation pour la filière : en structurant des solutions techniques éprouvées et certifiées, le marché français des ERP biosourcés — l’un des plus importants au monde — pourrait devenir un référentiel exportable.
4. Le rôle clé du BIM et de l’ingénierie dans la conformité
Face à la complexité des nouvelles exigences, le Building Information Modeling (BIM) s’impose comme un outil incontournable pour piloter la conformité réglementaire des projets bois. En 2026, la maturité BIM en France a considérablement progressé : près de 90 % des grandes entreprises du BTP déclarent utiliser le BIM sur au moins un projet, et les maîtres d’ouvrage publics (SNCF, RATP, AP-HP, collectivités) l’intègrent désormais dans leurs marchés.
Pour les projets de construction bois soumis à l’arrêté du 19 février, le BIM permet de :
- Modéliser précisément les protections passives et leur positionnement dans la maquette numérique (LOD 350 à 400).
- Réaliser des simulations de comportement au feu couplées aux données de la maquette BIM (approche performantielle).
- Documenter la conformité via un DOE numérique traçant l’ensemble des protections installées et leurs certifications.
- Anticiper les conflits entre protections incendie et autres corps d’état (CVC, électricité, désenfumage).
| Exigence réglementaire | Solution d’ingénierie ANDO |
|---|---|
| Protection passive indissociable | Dimensionnement Eurocode 5 + calcul détaillé des protections par éléments finis (IDEA STATICA) |
| Encoffrement des structures | Modélisation 3D des encoffrements et vérification des interfaces avec la charpente (ADVANCE DESIGN) |
| Limitation bois apparent | Déclaration précise des surfaces bois visibles via maquette BIM (TEKLA, CYPE 3D) |
| Inspections périodiques | DOE numérique avec traçabilité complète des protections et certifications |
💡 Verdict ANDO : L’arrêté du 19 février 2026 ne doit pas être perçu comme une entrave à la construction bois, mais comme un accélérateur de professionnalisation. Les bureaux d’études capables d’intégrer ces nouvelles contraintes dès la phase de conception — en s’appuyant sur les outils numériques (BIM, calcul par éléments finis, simulation incendie) et sur une maîtrise approfondie des Eurocodes (notamment l’Eurocode 5 pour le bois et l’Eurocode 1 pour les actions en situation d’incendie) — disposeront d’un avantage concurrentiel décisif. ANDO, fort de 15 ans d’expérience en ingénierie des structures bois et métalliques, accompagne déjà ses clients dans la mise en conformité de leurs projets avec ce nouveau cadre réglementaire.
5. Calendrier et perspectives : que faire dès maintenant ?
L’arrêté modificatif entre officiellement en application en juin 2027, mais les pompiers ayant la main pour refuser l’ouverture d’un ERP en dernier ressort, il est probable que la doctrine soit appliquée dès maintenant dans les discussions préliminaires avec les services instructeurs.
Plusieurs échéances clés sont à retenir :
- 22 février 2026 — Publication au Journal Officiel de l’arrêté modificatif.
- 26 février 2026 — Atelier A6 au Forum International Bois Construction (Grand Palais) : premières analyses d’impact.
- 23 avril 2026 — Webinaire de l’Atelier A6 animé par Stéphane Hameury (CSTB) et le groupe des experts bois.
- Juin 2027 — Entrée en vigueur officielle de l’arrêté (sous réserve de l’avis de Bruxelles sur la libre circulation des produits).
- Forum Bois Construction 2027 — Présentation des études de cas avec des maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre volontaires.
6. Pourquoi confier votre étude à un bureau d’ingénierie spécialisé ?
La mise en conformité avec l’arrêté du 19 février 2026 exige une double compétence : une maîtrise approfondie du comportement au feu des structures bois (Eurocode 5 partie 1-2) et une capacité à intégrer ces contraintes dans une maquette numérique exploitable tout au long du cycle de vie du bâtiment.
ANDO, bureau d’études structures basé à Lille (Nord, France) et intervenant sur tout le territoire national (Lille, Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Nantes, Nancy), est qualifié OPQIBI et justifie de plus de 15 ans d’expérience dans le calcul et la conception de structures bois et métalliques. Notre équipe d’ingénieurs maîtrise les logiciels métiers les plus avancés : GRAITEC ADVANCE DESIGN, CYPE 3D, IDEA STATICA, TEKLA (BIM), SOLIDWORKS et AUTOCAD.
Nos prestations couvrent l’ensemble des besoins liés à la nouvelle réglementation :
- Notes de calcul et plans d’exécution conformes aux Eurocodes et à l’arrêté du 19 février 2026.
- Modélisation 3D et BIM (TEKLA, ADVANCE DESIGN) avec intégration des protections incendie.
- Études de synthèse et assistance technique à la maîtrise d’ouvrage.
- Diagnostic structurel de bâtiments existants (bois et métallique).
- Scan 3D pour relevé précis des structures existantes avant rénovation.
Pour aller plus loin
- Sécurité incendie des structures en 2026 : le nouvel arrêté du 19 février et ses impacts concrets — L’article complet sur les impacts transverses de la réglementation incendie 2026.
- Eurocodes 2e génération : ce qui change pour le calcul des structures métalliques et bois en 2026-2027 — Les évolutions normatives à connaître.
- Construction mixte acier-bois : la solution hybride qui révolutionne le bâtiment durable en 2026 — Les solutions mixtes face aux défis réglementaires.
Sources et références
- Arrêté du 19 février 2026 modifiant l’arrêté du 25 juin 1980 — Journal Officiel du 22 février 2026.
- Batirama — « Construction biosourcée : un arrêté du 19 février qui modifie ou qui arrête ? » — Jonas Tophoven, mars 2026.
- BTP Expertise — « BIM en France : niveau de maturité et retours ROI concrets en 2026 » — Août 2026.
- Batiweb — « La construction bois fait de la résistance » — Conjoncture 2026.
- NF EN 1995-1-2 (Eurocode 5) — Calcul des structures bois en situation d’incendie.
- NF EN ISO 19650 — Organisation et numérisation des informations sur les bâtiments (BIM).
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