RE2020 étendue aux bâtiments tertiaires et industriels en 2026 : ce qui change pour la construction métallique — Décryptage ANDO

Depuis le 1er mai 2026, la RE2020 s’applique aux bâtiments à usage industriel et artisanal ainsi qu’à 13 nouvelles typologies tertiaires. Pour les bureaux d’études structures, les constructeurs métalliques et les maîtres d’ouvrage, cette extension redessine le périmètre du marché, alourdit la charge d’ingénierie carbone et bouscule les rapports de force entre matériaux. ANDO, bureau d’études structures métalliques et bois basé à Lille, vous livre son décryptage complet.

1. RE2020 : la fin de l’exception pour l’industriel et le tertiaire

Jusqu’en 2025, la Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) ne concernait que les logements, les bureaux et les établissements d’enseignement primaire et secondaire. Les bâtiments industriels, artisanaux, ainsi que de nombreux bâtiments tertiaires « spécifiques » restaient sous le régime de la RT2012. Un vide réglementaire qui prenait fin avec la publication du décret n° 2026-16 du 15 janvier 2026, paru au Journal officiel du 17 janvier et applicable aux permis de construire déposés à compter du 1er mai 2026.

Sont désormais concernés : hôtels, restaurants, commerces, crèches, établissements sanitaires, EHPAD, gymnases, médiathèques, aérogares, universités et, surtout, les bâtiments à usage industriel et artisanal. Soit environ 70 % du parc tertiaire futur désormais couvert par la réglementation carbone. Un arrêté d’application du 19 mars 2026 est venu préciser les modalités de calcul spécifiques à chaque nouvel usage (Bbio, Cep, Cep,nr, Ic énergie, Ic construction, DH).

Bâtiment industriel moderne en charpente métallique avec panneaux photovoltaïques conforme RE2020 2026
Bâtiment industriel en charpente métallique — la RE2020 impose désormais une approche carbone globale, de la structure à l’exploitation.

Les six indicateurs à maîtriser

La RE2020 s’articule autour de six indicateurs de résultat, que tout bureau d’études structure doit désormais intégrer pour les bâtiments industriels et tertiaires :

  • Bbio (Besoin bioclimatique) — la performance intrinsèque du bâti : isolation, compacité, orientation, apports solaires passifs.
  • Cep et Cep,nr — la limitation des consommations d’énergie primaire, totale et non renouvelable.
  • Ic énergie — l’empreinte carbone des consommations énergétiques sur l’ensemble du cycle de vie (50 ans).
  • Ic construction — l’empreinte carbone des matériaux de construction et du chantier. L’indicateur clé qui oriente le choix des solutions constructives.
  • DH (Degrés-Heures) — le confort d’été, qui devient un critère de conception à part entière, même dans les ateliers industriels.
IndicateurCe qu’il mesure
BbioBesoin bioclimatique du bâtiment (isolation, compacité, orientation)
Cep / Cep,nrConsommation d’énergie primaire totale et non renouvelable
Ic énergieEmpreinte carbone des consommations sur 50 ans
Ic constructionEmpreinte carbone des matériaux et du chantier
DHConfort d’été (degrés-heures d’inconfort thermique)

2. Le rapport Rivaton : assouplissements et nouveaux coefficients

Second mouvement majeur de l’année 2026 : le décret n° 2026-200 du 18 mars 2026 et son arrêté d’application, applicables depuis le 1er juillet 2026, traduisent les 23 propositions du rapport Rivaton remis en juillet 2025. Ce rapport, commandé par la ministre du Logement, chiffrait un surcoût d’investissement de +11 % à horizon 2035 et un déficit de production de 211 000 logements. Tout en reconnaissant que la RE2020 a enclenché une dynamique industrielle vertueuse.

Parmi les mesures transposées :

  • Miagrément_ext — allègement de l’Ic construction pour les balcons et loggias au-delà de 10 % de la surface de référence.
  • MiHSP — compensation pour les hauteurs sous plafond supérieures à 2,50 m.
  • Bonus de +25 % pour les bâtiments raccordés à un réseau de chaleur urbain classé.
  • Trajectoire dérogatoire pour les immeubles de grande hauteur : seuil carbone à 95 % de la valeur de référence en 2028, puis 95 % de cette valeur en 2031.

« La RE2020 ne bannit aucun matériau : elle évalue l’empreinte carbone globale du projet. Une structure métallique reste parfaitement viable en travaillant les autres postes — isolation performante, sourcing de matériaux à FDES favorables, énergies renouvelables en toiture. »

— ConceptWest, Normes bâtiment industriel 2026 — Source

3. Impact sur le marché de la construction métallique

L’extension de la RE2020 aux bâtiments industriels et artisanaux élargit mécaniquement le marché adressable de la charpente métallique et du modulaire. La construction métallique, grâce à la légèreté de ses structures et à la recyclabilité de l’acier, bénéficie d’un avantage comparatif important dans la compétition carbone face au béton.

Une étude présentée par le CTICM lors du 7e colloque annuel de l’ACIM, le 11 juin 2026, compare un bâtiment de bureaux R+2 construit en acier modulaire à son équivalent en béton précontraint : à programme équivalent, la solution modulaire acier affiche un impact carbone construction inférieur de 8 % (537 contre 584 kg éq. CO₂/m² SU), et jusqu’à 12,7 % en optimisant l’approvisionnement en acier bas-carbone, pour un total ramené à 469 kg éq. CO₂/m².

Schéma des 6 indicateurs RE2020 pour la construction métallique
Les six indicateurs de résultat de la RE2020 — des besoins bioclimatiques au confort d’été, en passant par l’empreinte carbone des matériaux.

Les nouvelles obligations à intégrer dès la conception

Au-delà des six indicateurs, plusieurs obligations opérationnelles accompagnent l’extension de la RE2020 :

  • Perméabilité à l’air : un seuil spécifique de 3,00 m³/(h.m²) est créé pour les bâtiments industriels, artisanaux et commerciaux, adapté à leurs grands volumes.
  • Attestations RE2020 : le maître d’ouvrage doit fournir une attestation de conformité au dépôt du permis, puis une seconde à l’achèvement des travaux.
  • Solarisation des toitures : obligation renforcée par la loi APER — 40 % de la toiture des bâtiments de plus de 500 m² d’emprise au sol doit être couverte en photovoltaïque ou végétalisée dès juillet 2026, puis 50 % en 2027.
  • Loi AGEC : tri à la source des déchets de chantier, traçabilité, diagnostic PEMD (produits, équipements, matériaux, déchets) pour les opérations de démolition ou rénovation.

4. Ce que cela change pour les bureaux d’études structures

Pour les bureaux d’études comme ANDO, spécialisés en calcul de structures métalliques et bois, cette séquence réglementaire 2026 se traduit par trois impacts majeurs.

1. Une charge d’ingénierie accrue. Selon l’Association des ingénieurs et techniciens en climatique, ventilation et froid (AICVF), le temps nécessaire à une étude RE2020 est 2 à 3 fois plus long qu’une étude RT2012 ; le coût des prestations intellectuelles associées passerait de 5 €/m² sur la période 2022-2025 à 11,5 €/m² pour un projet calé sur le jalon 2028.

2. Une compétence ACV à consolider. La maîtrise fine de l’analyse de cycle de vie devient une compétence à part entière du bureau d’études structure, au même titre que le calcul réglementaire classique. Chez ANDO, nous utilisons des outils comme GRAITEC ADVANCE DESIGN et IDEA STATICA pour intégrer ces paramètres dès la modélisation.

3. Un marché qui s’élargit. Les nouveaux usages tertiaires et industriels concernés représentent un volume d’études structure supplémentaire significatif, dont une bonne part relève de typologies où la construction métallique est traditionnellement bien positionnée : bâtiments industriels et artisanaux, commerces, aérogares, gymnases.

Bureau d'études ANDO avec ingénieurs sur logiciels BIM et modélisation 3D structures métalliques
L’ingénierie carbone devient une compétence clé des bureaux d’études structure — ANDO intègre la RE2020 dès la phase de modélisation BIM.

5. Recommandations ANDO pour anticiper la RE2020

Forts de plus de 15 ans d’expérience en calcul de structures et de notre certification OPQIBI, voici nos cinq recommandations pour aborder sereinement cette nouvelle donne réglementaire :

  • Anticiper la publication des seuils définitifs — l’arrêté fixant les valeurs numériques définitives pour les nouveaux usages tertiaires est toujours attendu. Travailler sur des valeurs provisoires expose à un risque juridique (amende jusqu’à 45 000 €).
  • Privilégier les FDES acier bas-carbone — l’étude CTICM démontre qu’un approvisionnement optimisé en acier bas-carbone permet de réduire l’impact carbone de la construction de 12,7 %.
  • Intégrer la solarisation des toitures dès le dimensionnement de la charpente — le poids et l’implantation des panneaux photovoltaïques impactent directement le calcul des structures porteuses.
  • Penser le confort d’été (DH) dès l’esquisse — protections solaires, ventilation naturelle, inertie : traiter le DH par la conception évite le recours systématique à la climatisation.
  • Miser sur le BIM et la modélisation 3D — les outils comme TEKLA et SOLIDWORKS permettent de simuler l’impact carbone des choix constructifs en amont, quand les décisions coûtent le moins cher.

💡 Verdict ANDO : L’extension de la RE2020 aux bâtiments industriels et tertiaires est une opportunité historique pour la construction métallique française. La légèreté des structures acier, leur recyclabilité et la montée en puissance de l’acier bas-carbone placent la filière en position favorable. Mais cette opportunité exige une montée en compétence rapide sur l’ACV, les FDES et la modélisation carbone. Chez ANDO, nous accompagnons déjà nos clients dans cette transition — de la note de calcul à la modélisation BIM, en passant par le conseil en stratégie carbone.

« Pour les bureaux d’études structure et les constructeurs métalliques, cette séquence 2026 redessine à la fois le périmètre du marché, la charge d’ingénierie carbone à produire et les rapports de force face au béton et au bois. »

— Métalétech, RE2020 en 2026 — Source

Un projet de structure métallique ou bois soumis à la RE2020 ?

Confiez vos études de structure et votre stratégie carbone à ANDO, bureau d’études certifié OPQIBI — interventions nationales (Lille, Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Nantes).

Demander un devis →

Tél. 03 20 60 06 02 — kla@sarl-ando.com