RE2020 étendue aux bâtiments industriels et artisanaux : impacts concrets pour les structures métalliques et bois (Décret n°2026-16)

C’était la dernière grande zone blanche de la réglementation environnementale française. Depuis le 1er mai 2026, le décret n°2026-16 du 15 janvier 2026 étend la RE2020 aux bâtiments à usage industriel et artisanal ainsi qu’aux bâtiments tertiaires spécifiques. Cette extension marque un tournant décisif pour la conception des structures métalliques et bois, imposant de nouveaux indicateurs de performance environnementale, des obligations renforcées sur l’enveloppe et la solarisation des toitures, et une analyse du cycle de vie complète. ANDO, bureau d’études structures basé à Lille, vous décrypte les impacts concrets de ce texte fondateur.

1. Le décret n°2026-16 : fin de l’exception pour les bâtiments industriels

Publié au Journal officiel le 15 janvier 2026 et complété par l’arrêté du 19 mars 2026, le décret n°2026-16 met fin à l’exception dont bénéficiaient les bâtiments d’activités depuis l’entrée en vigueur de la RE2020 en 2022. Jusqu’alors limitée à l’habitation, aux bureaux et à l’enseignement, la réglementation environnementale s’applique désormais à toutes les demandes de permis de construire et déclarations préalables déposées à compter du 1er mai 2026 pour les typologies suivantes : bâtiments à usage industriel et artisanal, commerces, hôtels, restaurants, établissements de santé, établissements sportifs, médiathèques, établissements d’accueil de la petite enfance, aérogares et bâtiments universitaires de recherche.

Bâtiment industriel moderne avec structure métallique et panneaux photovoltaïques - RE2020 extension 2026
Bâtiment industriel moderne intégrant structure métallique et panneaux photovoltaïques — les nouvelles constructions doivent désormais respecter les 5 indicateurs de la RE2020.

Le texte prévoit plusieurs exclusions : les constructions temporaires de moins de deux ans, les constructions ou extensions de moins de 50 m², les extensions de moins de 150 m² représentant moins de 30 % de la surface existante, ainsi que les locaux soumis à des contraintes particulières de température ou d’hygrométrie. Ces opérations restent soumises à la RT2012.

Les 5 indicateurs à respecter simultanément

Contrairement à la RT2012 qui ne portait que sur la performance énergétique, la RE2020 impose une double exigence énergétique et carbone. Les cinq indicateurs fondateurs sont :

  • Bbio (besoin bioclimatique) — la performance intrinsèque du bâti : isolation, compacité, orientation, apports solaires passifs.
  • Cep et Cep,nr — consommation d’énergie primaire, totale et non renouvelable.
  • Ic énergie — l’empreinte carbone des consommations énergétiques sur 50 ans.
  • Ic construction — l’empreinte carbone des matériaux et du chantier. C’est l’indicateur qui impacte directement le choix des structures métalliques et bois.
  • DH (degrés-heures) — le confort d’été, pour limiter les périodes d’inconfort thermique sans recours systématique à la climatisation.

« L’extension de la RE2020 aux bâtiments industriels et artisanaux répond à l’objectif de généralisation des exigences énergétiques et environnementales à l’ensemble des constructions neuves, en cohérence avec les objectifs climatiques européens. »

2. Impacts sur les structures métalliques et bois : ce qui change concrètement

La RE2020 ne bannit aucun matériau, mais elle évalue l’empreinte carbone globale du projet à travers l’indicateur Ic construction, qui sommme l’impact de tous les produits de construction et équipements sur l’ensemble du cycle de vie (fabrication, transport, mise en œuvre, entretien, fin de vie). Pour les structures métalliques et bois, cela se traduit par des évolutions concrètes dans la conception.

Structure mixte acier et bois en chantier - assemblage de poutres et poteaux pour bâtiment industriel
Assemblage d’une structure mixte acier-bois — la combinaison des deux matériaux permet d’optimiser l’indicateur Ic construction tout en conservant les performances mécaniques.

Pour les structures métalliques

L’acier reste un matériau parfaitement compatible avec la RE2020, sous réserve de travailler sur plusieurs leviers :

  • Acier bas carbone : le recours à des aciers produits en filière électrique (four à arc) avec un fort taux de recyclé permet de diviser par 3 à 5 l’empreinte carbone du matériau. Consultez notre guide complet acier bas carbone 2026.
  • FDES : les fiches de déclaration environnementale et sanitaire collectives de la construction métallique permettent de justifier les performances environnementales de l’acier auprès des bureaux de contrôle.
  • Optimisation des sections : un dimensionnement précis via les logiciels de calcul avancés (Advance Design, CYPE 3D, IDEA STATICA) réduit les masses d’acier mises en œuvre sans compromettre la sécurité.
  • Réemploi : l’acier est l’un des matériaux les plus recyclés au monde. Les structures démontables et réemployables gagnent du terrain, comme nous l’évoquions dans notre article sur le réemploi de l’acier et économie circulaire.

Pour les structures bois

Le bois est naturellement avantagé par la RE2020 grâce à son stockage de carbone biogénique. Cependant, son utilisation dans les bâtiments industriels et artisanaux, où les portées et charges sont importantes, impose des solutions techniques spécifiques :

  • Structures mixtes acier-bois : la solution hybride gagne en popularité. Les poteaux et poutres en acier supportent les charges lourdes tandis que les planchers et toitures en bois maximisent le bilan carbone.
  • Bois lamellé-collé et CLT : ces produits offrent des portées compétitives (jusqu’à 30 mètres et plus) adaptées aux bâtiments industriels.
  • Traitement du confort d’été : l’indicateur DH (degrés-heures) est un point de vigilance pour les structures bois, dont l’inertie thermique est plus faible que celle du béton. Des solutions de sur-isolation et de ventilation naturelle permettent d’y remédier.
CritèreStructure métalliqueStructure boisMixte acier-bois
Ic constructionMoyen (dépend du taux de recyclé)Faible (stockage carbone)Très favorable
Portées max (industriel)Jusqu’à 60 m+Jusqu’à 30-40 mJusqu’à 50 m
Confort d’été (DH)Nécessite isolationPeut nécessiter isolation renforcéeBon équilibre
Délai de chantierRapide (préfabriqué)Rapide (préfabriqué)Rapide
Solarisation toitureExcellent (portance acier)Nécessite renforcementTrès bon

3. Solarisation des toitures : la charpente au cœur du défi

Issue de la loi Climat et Résilience et renforcée par la loi APER (Accélération des Énergies Renouvelables), l’obligation de solarisation ou de végétalisation des toitures des bâtiments professionnels neufs de plus de 500 m² d’emprise au sol monte en puissance. La part de toiture à couvrir passe à 40 % pour les permis déposés à partir de juillet 2026, puis 50 % à l’horizon 2027.

Cette obligation a un impact direct sur le dimensionnement des charpentes métalliques et bois. La surcharge photovoltaïque (15 à 25 kg/m² selon le procédé) doit être intégrée dès la conception. Un dimensionnement « PV ready » coûte marginalement peu à l’origine, tandis qu’un renforcement a posteriori est extrêmement coûteux. Les bureaux d’études ANDO intègrent systématiquement ces charges dans leurs notes de calcul depuis l’entrée en vigueur du décret.

Bâtiment durable avec toiture végétalisée et solaire, affichage indicateurs performance RE2020
Bâtiment durable intégrant photovoltaïque et toiture végétalisée — la RE2020 impose de concilier performance environnementale et rentabilité industrielle.

4. Perméabilité à l’air et attestations : deux nouvelles obligations

Deux exigences opérationnelles accompagnent l’extension de la RE2020. D’une part, la mesure de la perméabilité à l’air devient obligatoire pour les bâtiments industriels, avec un seuil spécifique de 3,00 m³/(h.m²) adapté à leurs grands volumes — un défi technique pour les enveloppes métalliques et les bardages. D’autre part, le maître d’ouvrage doit fournir une attestation de conformité RE2020 au dépôt du permis, puis une seconde à l’achèvement des travaux, en remplacement des anciennes attestations RT2012.

Ces attestations exigent une traçabilité rigoureuse des FDES (fiches de déclaration environnementale et sanitaire) de tous les produits de construction. Pour une structure métallique, les FDES collectives de la filière acier sont disponibles ; pour le bois, les FDES des produits lamellé-collé et CLT sont désormais bien documentées.

5. Comment ANDO accompagne vos projets conformes RE2020

Bureau d’études structures qualifié OPQIBI basé à Lille, ANDO intervient sur l’ensemble du territoire national (Lille, Paris, Nancy, Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Nantes) pour accompagner industriels, collectivités, architectes et particuliers dans la conception de structures métalliques et bois conformes à la RE2020. Nos équipes d’ingénieurs maîtrisent les logiciels de calcul avancés GRAITEC Advance Design, CYPE 3D, IDEA STATICA, TEKLA BIM, SOLIDWORKS et AutoCAD, et appliquent les Eurocodes ainsi que les exigences du Code du Travail.

Notre approche intégrée permet de :

  • Optimiser le dimensionnement des structures pour minimiser l’impact Ic construction ;
  • Intégrer les charges photovoltaïques dès la note de calcul ;
  • Produire les plans d’exécution et de fabrication avec l’ensemble des FDES requises ;
  • Réaliser les études de synthèse BIM pour coordonner l’enveloppe, les réseaux et la structure.

Pour approfondir, retrouvez notre analyse dédiée à la construction mixte acier-bois ainsi que notre article sur la RE2020 au 1er juillet 2026 qui fait le point sur les évolutions complémentaires.

« La RE2020 ne bannit aucun matériau : elle évalue l’empreinte carbone globale du projet. Une structure métallique reste parfaitement viable en travaillant les autres postes — isolation performante, sourcing de matériaux à FDES favorables, énergies renouvelables en toiture — pour rester sous les seuils Ic. »

6. Échéances à retenir pour vos projets

Le calendrier réglementaire 2026 est dense. Voici les dates clés à intégrer dans la planification de vos projets :

DateÉvénement réglementaire
15 janvier 2026Publication du décret n°2026-16
19 mars 2026Arrêté d’application fixant les exigences techniques
1er mai 2026Entrée en vigueur pour tous les permis déposés
Juillet 2026Solarisation toiture : obligation 40 % pour bâtiments > 500 m²
Mi-2026Transposition directive européenne EPBD refondue
2027Solarisation toiture : obligation 50 %
2031Prochain palier de renforcement des seuils RE2020

💡 Verdict ANDO : Le décret n°2026-16 transforme en profondeur la conception des bâtiments industriels et artisanaux en France. Loin d’être une contrainte, cette évolution réglementaire est une opportunité pour repenser les structures métalliques et bois avec des critères de performance environnementale exigeants. Les maîtres d’ouvrage qui anticipent dès aujourd’hui ces exigences construiront des bâtiments plus sobres, mieux valorisés et conformes aux objectifs climatiques. Avec +15 ans d’expérience et des centaines de projets livrés, ANDO vous accompagne dans cette transition — de la note de calcul initiale aux plans d’exécution, en passant par la modélisation BIM et le scan 3D.

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