Du 16 au 18 septembre 2026, la conférence Eurosteel 2026 s’est tenue à Cracovie, en Pologne, réunissant les plus grands experts européens de la construction métallique et des structures composites. Organisée par l’ECCS (European Convention for Constructional Steelwork), cette 11ᵉ édition a mis l’accent sur le réemploi des composants structurels, la rénovation et l’évaluation des structures existantes, ainsi que sur les innovations de rupture qui façonnent la filière acier. Le CTICM (Centre Technique Industriel de la Construction Métallique) y a présenté pas moins de sept contributions scientifiques majeures, couvrant des domaines aussi variés que le réemploi des câbles du pont de Normandie, la résistance des assemblages soudés, les connexions mixtes acier-bois-béton ou encore le contrôle non destructif par scan laser. ANDO, bureau d’études structures métalliques et bois basé à Lille, décrypte pour les professionnels du secteur les enseignements concrets de ces recherches et leur impact sur les pratiques d’ingénierie.
1. Eurosteel 2026 : une édition tournée vers le réemploi et la durabilité
La conférence Eurosteel, qui se tient tous les deux ans, est le rendez-vous incontournable de la recherche européenne en construction métallique. L’édition 2026, co-organisée par l’Université de Technologie de Cracovie et l’Université de Technologie de Rzeszow, a mis un accent particulier sur la modernisation, l’évaluation et la réutilisation des structures et composants en acier existants — des thématiques devenues centrales dans une industrie en quête de circularité et de décarbonation.
2. Les 7 contributions du CTICM à Eurosteel 2026
Cinq experts du CTICM — André Beyer, Maxime Lebastard, Kevin Mouradian, Baptiste Bouvier et Mohsen Masoomzadeh — ont présenté les résultats de leurs travaux de recherche, menés en collaboration avec des partenaires académiques et industriels. Chaque contribution illustre un maillon essentiel de la chaîne de valeur de la construction métallique : du diagnostic des ouvrages existants à la conception de nouvelles solutions constructives durables.
2.1 Le réemploi des câbles du pont de Normandie
André Beyer, Ludovic Le Louedec et Nicolas Fabry ont présenté une étude pionnière sur le réemploi des câbles de l’ancien pont de Normandie. Cette recherche démontre qu’il est possible de réutiliser des câbles de précontrainte issus de grands ouvrages d’art après une campagne de caractérisation poussée, ouvrant la voie à une véritable économie circulaire dans le génie civil métallique. Ce travail s’inscrit dans la dynamique portée par la plateforme Métal Réemploi et les initiatives du SCMF en faveur d’une filière acier plus vertueuse.
2.2 La stabilité élastique des poutres cellulaires
Maxime Lebastard et Alain Bureau ont présenté une nouvelle approche de la stabilité élastique des poutres cellulaires. Ces éléments, de plus en plus utilisés dans les grandes portées de bâtiments industriels et tertiaires, présentent des comportements de flambement complexes que les méthodes de calcul traditionnelles peinent à modéliser avec précision. Les nouveaux modèles proposés permettront aux bureaux d’études de dimensionner plus finement ces profilés, avec des économies de matière significatives.
2.3 L’influence des défauts de soudage sur la résistance des assemblages
Kevin Mouradian, André Beyer et Maël Couchaux ont étudié l’impact des défauts de soudage — sous-coupe et manque de pénétration — sur la résistance statique des assemblages soudés bout à bout. Ces travaux fournissent des coefficients de réduction précis qui permettent aux ingénieurs de justifier la résistance résiduelle d’assemblages présentant des défauts dans les limites de tolérance des normes, sans recourir à des réparations coûteuses.
2.4 Les connexions mixtes acier-bois-béton (STCC)
Baptiste Bouvier, Maël Couchaux, Pierre-Olivier Martin et Mohammed Hjiaj ont dévoilé leurs travaux sur les connexions mixtes acier-bois-béton (Steel-Timber-Concrete Composite). Ces systèmes hybrides, qui combinent la portée et la ductilité de l’acier avec le bilan carbone du bois et l’inertie du béton, représentent l’avenir des planchers à haute performance environnementale. ANDO utilise déjà ce type de solutions mixtes dans ses missions d’études pour des bâtiments tertiaires et équipements publics.
« Les travaux présentés à Eurosteel illustrent la diversité des recherches conduites au CTICM, depuis l’amélioration des méthodes de calcul et la connaissance du comportement des structures jusqu’aux enjeux liés à la corrosion, au réemploi et aux nouvelles solutions constructives. Ces recherches contribuent à faire progresser les connaissances scientifiques et techniques dans le domaine de la construction métallique et à accompagner les évolutions de la filière. »
2.5 La résistance résiduelle des sections laminées corrodées
Mohsen Masoomzadeh, André Beyer et Maël Couchaux ont proposé des facteurs partiels pour évaluer la résistance des sections d’acier laminé présentant de la corrosion. Cette recherche est cruciale pour le diagnostic des structures existantes et la justification du réemploi d’éléments métalliques — une problématique que rencontre quotidiennement ANDO dans ses missions de diagnostic et d’assistance technique.
2.6 L’indentation instrumentée pour le réemploi de l’acier
Une seconde contribution de Mohsen Masoomzadeh — avec Gerard Mauvoisin, André Beyer, Olivier Bartier et Maël Couchaux — porte sur l’application de l’indentation instrumentée à la caractérisation d’éléments en acier issus du réemploi. Cette technique non destructive permet de déterminer les propriétés mécaniques résiduelles d’un profilé sans prélèvement, facilitant ainsi la certification des aciers de réemploi conformément au nouveau cadre réglementaire du RPC 2024.
2.7 L’évaluation des imperfections géométriques par scan laser
Dénes Kollár, András Horváth, Balázs Kövesdi, Maxime Lebastard et Alain Bureau ont présenté une méthode révolutionnaire d’évaluation des imperfections géométriques des profilés reconstitués soudés à section en I par scan laser. Cette technique, qui rejoint les compétences d’ANDO en scan 3D, permet de quantifier précisément les défauts de fabrication et d’ajuster les coefficients de flambement en conséquence, améliorant à la fois la sécurité et l’optimisation des sections.
3. Quel impact pour les bureaux d’études et les constructeurs métalliques ?
Les travaux présentés à Eurosteel 2026 ne sont pas de simples publications académiques : ils annoncent des évolutions concrètes qui transformeront les pratiques des bureaux d’études structures dans les années à venir.
- Calcul plus précis des poutres cellulaires — Les nouveaux modèles de stabilité élastique permettront aux ingénieurs de réduire les surdimensionnements systématiques, générant des économies d’acier de 5 à 15 % sur les grandes portées.
- Réparation ciblée des assemblages soudés — La connaissance de l’impact réel des défauts de soudage évitera des réparations superflues, réduisant les coûts et les délais en phase fabrication.
- Généralisation du réemploi de l’acier — Les méthodes de caractérisation non destructive (indentation instrumentée) et l’évaluation des sections corrodées offrent un cadre technique robuste pour certifier les aciers de réemploi.
- Essor des solutions mixtes acier-bois-béton — Les connexions STCC ouvrent la voie à des planchers hybrides alliant performance mécanique et faible empreinte carbone, en phase avec les exigences de la RE2020.
- Contrôle qualité par scan 3D — L’évaluation des imperfections par scan laser représente un saut technologique pour le contrôle qualité en atelier de fabrication.
| Thématique de recherche | Application pratique pour les BET |
|---|---|
| Réemploi des câbles du pont de Normandie | Réutilisation des câbles de précontrainte pour de nouveaux ouvrages |
| Stabilité élastique des poutres cellulaires | Dimensionnement optimisé des grandes portées (15-30 % d’acier économisé) |
| Défauts de soudage et résistance des assemblages | Justification des assemblages sans reprise systématique |
| Connexions mixtes acier-bois-béton (STCC) | Planchers hybrides à haute performance environnementale |
| Résistance résiduelle des sections corrodées | Diagnostic et réemploi des profilés existants |
| Indentation instrumentée | Caractérisation non destructive des aciers de réemploi |
| Scan laser des imperfections géométriques | Contrôle qualité avancé en fabrication (PRS, treillis) |
4. ANDO, un bureau d’études connecté à la recherche
Chez ANDO, nous suivons de près les travaux du CTICM et des instances européennes pour intégrer les dernières avancées scientifiques dans nos missions d’ingénierie. Notre bureau d’études, certifié OPQIBI et fort de plus de 15 ans d’expérience, utilise au quotidien les logiciels GRAITEC ADVANCE DESIGN, CYPE 3D, IDEA STATICA, TEKLA Structures (BIM) et SOLIDWORKS pour concevoir des structures métalliques et bois conformes aux Eurocodes et au Code du Travail.
Nous intervenons sur toute la France — Lille, Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Nantes — pour des missions de notes de calcul, plans d’exécution et de fabrication, modélisation 3D/BIM, scan 3D, études de synthèse, diagnostic et assistance technique, auprès d’industriels, collectivités, architectes et particuliers.
Retrouvez également nos analyses sur des sujets connexes :
- Eurocodes 2ᵉ génération : ce qui change pour les structures métalliques avec l’Eurocode 3 — Le guide ANDO 2026
- BIM et construction métallique en 2026 : pourquoi la maquette numérique transforme les études de structures
- CTICM Metal Smartdata : la plateforme qui révolutionne les données environnementales de la construction métallique
💡 Verdict ANDO : Eurosteel 2026 confirme que la recherche en construction métallique n’a jamais été aussi dynamique et connectée aux enjeux opérationnels de la filière. Du réemploi des câbles de pont aux connexions mixtes acier-bois-béton, en passant par le contrôle non destructif par scan laser, les innovations présentées par le CTICM dessinent une feuille de route claire pour les bureaux d’études : maîtrise des méthodes de calcul avancées, intégration du BIM, montée en compétence sur le diagnostic et le réemploi, et adoption des solutions hybrides bas carbone. Avec sa qualification OPQIBI, ses outils de pointe (GRAITEC ADVANCE DESIGN, TEKLA, IDEA STATICA, CYPE 3D) et son implantation nationale de Lille à Marseille, ANDO est votre partenaire pour mettre en œuvre ces innovations dans vos projets de structures métalliques et bois.
Un projet de structure métallique ou bois ?
Confiez vos études à ANDO, bureau d’études certifié OPQIBI — interventions sur toute la France
Demander un devis →