Le bois structural n’est plus un matériau de niche. Avec 30 500 professionnels réunis à Eurexpo-Lyon lors d’Eurobois 2026 et une filière qui affiche sa maturité industrielle, la charpente bois et les structures mixtes bois-acier s’imposent désormais comme des solutions techniques crédibles pour les bâtiments tertiaires, industriels et les surélévations. Pour un bureau d’études structures, la vraie question n’est plus de savoir si l’on peut construire en bois, mais comment le justifier proprement : Eurocode 5, assemblages mixtes, résistance au feu, traçabilité et interfaces BIM. Voici ce que le millésime 2026 change concrètement pour vos notes de calcul.
1. Eurobois 2026 : la fin du bois « accessoire » dans la construction
Le salon Eurobois 2026, tenu du 3 au 6 février à Eurexpo-Lyon, a réuni 30 500 professionnels et 600 marques autour de quatre piliers : durabilité, innovation, formation et évolution réglementaire. Derrière les chiffres, un signal fort pour toute la chaîne de la construction : la filière bois se structure industriellement, avec des exigences de performance, de traçabilité et de justification technique comparables à celles de la construction métallique.
Pour les maîtres d’ouvrage, cela change la donne : le bois lamellé-collé, le CLT (bois lamellé-croisé) et les planchers mixtes bois-béton ou bois-acier entrent dans les appels d’offres non plus comme un geste architectural, mais comme une solution structurelle dimensionnée, calculée et justifiée. Cette professionnalisation bénéficie directement aux surélévations de bâtiments existants, aux bâtiments industriels et aux opérations tertiaires à faible empreinte carbone.
2. Justifier le bois : Eurocode 5 et au-delà
La justification d’une structure bois repose sur l’Eurocode 5 (EN 1995), complété par l’Eurocode 0 pour les combinaisons d’actions et l’Eurocode 1 pour les charges. Le calcul doit intégrer des paramètres propres au matériau que l’on ne retrouve pas dans l’acier : la classe de résistance, l’humidité d’équilibre, le fluage sous charge de longue durée et le facteur de modification kmod qui dépend de la classe de service et de la durée de chargement.
Dans les structures mixtes bois-acier, la difficulté se concentre sur les interfaces. Une poutre acier et un élément bois n’ont ni les mêmes raideurs, ni les mêmes dilatations, ni le même comportement au feu. Le calcul doit vérifier la compatibilité des déformations, la distribution des efforts dans les connecteurs et la stabilité globale au flambement et au déversement. C’est précisément là que l’expérience d’un bureau d’études structures fait la différence entre un modèle théorique et une note de calcul opposable.
Les points de vigilance d’une structure bois ou mixte en 2026
- Classe de service et humidité : le choix de la classe (1, 2 ou 3) conditionne kmod et donc la résistance de calcul mobilisable.
- Fluage et déformations à long terme : les critères de flèche sont souvent dimensionnants sur les grandes portées.
- Assemblages mixtes : vérification des connecteurs, du cisaillement et de la compatibilité des raideurs bois-acier.
- Résistance au feu : méthode de la section résiduelle et protection des éléments métalliques (arrêté du 19 février 2026).
- Traçabilité : origine du bois, déclarations environnementales et cohérence avec les exigences DPP/ESPR.
- Coordination BIM : interfaces entre la maquette structure bois, la maquette métal et les lots techniques.
« Le bois et l’acier ne se substituent pas : ils se complètent. Le rôle du bureau d’études est de concevoir l’interface là où les deux matériaux travaillent ensemble, sans que l’un ne pénalise l’autre. »
3. Assemblages mixtes : le cœur du savoir-faire
Un assemblage bois-acier concentre l’essentiel des risques d’une structure mixte. La platine acier boulonnée dans le bois, la tige traversante, le connecteur métallique encastré : chaque solution a son domaine de validité et ses hypothèses de calcul. Les efforts doivent transiter sans excentrement parasite, et la vérification doit couvrir la pression diamétrale dans le bois, la résistance des tiges en acier et la rupture en bloc des zones sollicitées.
C’est ici que des logiciels comme IDEA STATICA ou CYPE 3D, couplés à GRAITEC ADVANCE DESIGN pour la modélisation, apportent une réelle valeur : ils permettent de pousser l’analyse locale de l’assemblage, là où un calcul de barres classique s’arrête. Cette approche détaillée est indispensable aux fabricants, aux charpentiers et aux architectes qui veulent un plan d’exécution fabricable, sans hypothèse implicite ni zone d’ombre.
| Critère | Structure bois | Structure mixte bois-acier |
|---|---|---|
| Référentiel de calcul | EN 1995 (Eurocode 5) | EN 1995 + EN 1993 (Eurocode 3) |
| Point critique | Fluage, classe de service, kmod | Compatibilité des raideurs et connecteurs |
| Résistance au feu | Section résiduelle (carbonisation) | Section bois + protection de l’acier |
| Outils mobilisés | GRAITEC ADVANCE DESIGN, TEKLA | IDEA STATICA, CYPE 3D, SOLIDWORKS |
4. BIM, traçabilité et industrialisation : les nouveaux réflexes
Eurobois 2026 a placé l’automatisation, la traçabilité et l’intelligence artificielle au premier plan. Dans les faits, cela signifie qu’un projet de charpente bois se pilote aujourd’hui comme un projet métallique : maquette BIM unique en TEKLA, plans d’exécution et de fabrication extraits du modèle, nomenclature précise des bois et des profilés, coordination avec les lots techniques bien avant le chantier.
La traçabilité des produits bois — origine, essences, traitements, données environnementales — devient un livrable à part entière, en cohérence avec la dynamique du passeport numérique des matériaux et des réglementations de décarbonation. Pour les maîtres d’œuvre et les collectivités, c’est un gage de sérieux. Pour les entreprises, c’est la garantie d’un dossier d’ouvrages complet et opposable.
💡 Verdict ANDO : 2026 marque la banalisation du bois structurel dans les projets courants. Mais un projet bois ou mixte bois-acier reste un projet exigeant : calculs Eurocode 5, interfaces mixtes, incendie, traçabilité et coordination BIM. Notre conviction à Lille, au contact des industriels, des architectes et des collectivités, est qu’un bon projet bois se gagne au stade de l’étude — pas sur le chantier. C’est le rôle d’un bureau d’études qualifié de le rendre fabricable, justifiable et durable.
5. Ce que ça change pour votre prochain projet
Concrètement, avant de lancer un projet bois ou mixte, il est indispensable de cadrer les hypothèses dès l’esquisse : hypothèse de charges, classe de service, exigences incendie, niveau de traçabilité et périmètre de la maquette BIM. Une note de calcul d’avant-projet, même sommaire, évite les impasses de dimensionnement qui coûtent cher en phase exécution.
ANDO intervient sur l’ensemble du territoire — Lille, Paris, Nancy, Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Nantes — pour les industriels, le tertiaire, les collectivités, les architectes et les particuliers. Nos ingénieurs travaillent sous Eurocodes et Code du Travail, avec une qualification OPQIBI reconnue en ingénierie, et produisent notes de calcul, plans d’exécution, modélisations 3D/BIM et études de synthèse dans un cadre assuré et rigoureux. Pour approfondir deux sujets connexes, voir notre analyse des structures mixtes bois-CLT et acier face au nouvel arrêté incendie ERP et notre méthode de scan-to-BIM et recalcul de l’existant sur structures bois et métalliques.
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