Sécurité incendie des entrepôts métalliques ICPE en 2026 : ce que la journée technique CTICM du 24 novembre change pour vos études de structure — Analyse ANDO

Les entrepôts logistiques à ossature métallique sont au cœur de la réindustrialisation française — et de ses contraintes. Le 24 novembre 2026, le CTICM organise à Paris une journée technique entièrement consacrée à la sécurité incendie et à la stabilité structurelle de ces bâtiments classés ICPE. Derrière l’événement, une réalité de chantier : la façon dont on justifie aujourd’hui le comportement au feu d’une charpente acier conditionne le coût, le calendrier et la robustesse de votre projet. Voici ce que cela change concrètement pour vos études.

1. Pourquoi l’incendie des entrepôts ICPE redevient un sujet structurant en 2026

Un entrepôt de stockage relève très souvent de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), notamment via les rubriques 1510 (entrepôts couverts) et 1530 (papier, carton). À ce titre, la réglementation impose des exigences précises sur le comportement structural du bâtiment, sur les effets thermiques en situation d’incendie et sur la limitation de la propagation aux bâtiments voisins.

Trois objectifs guident ces exigences : la sécurité des personnes — y compris celle des services de secours —, la prévention de la propagation du feu, et la limitation des conséquences environnementales d’un sinistre. En parallèle, l’année 2026 marque un renforcement du cadre applicable aux ICPE de gestion des déchets, avec de nouvelles dispositions pleinement applicables depuis le 1er janvier 2026 : détection automatique, plans de défense incendie, prise en compte des batteries lithium, exercices obligatoires. Autant de signaux qui poussent les maîtres d’ouvrage à revoir leurs exigences structurelles dès la conception.

Entrepôt métallique à simple rez-de-chaussée en structure acier — sécurité incendie ICPE et stabilité structurelle
Entrepôt métallique à simple rez-de-chaussée : la trame acier régulière des portiques et des pannes, socle de toute justification au feu.

2. Le programme de la journée du 24 novembre, décrypté pour un bureau d’études

La journée se tient de 9h15 à 16h30 aux « Jardins du Marais », 74 rue Amelot, 75011 Paris. Elle s’adresse explicitement aux architectes, maîtres d’ouvrage, bureaux d’études, industriels et professionnels de la filière. Quatre axes de travail structurent le programme :

Les quatre axes techniques annoncés

  • Vérification de la stabilité au feu des entrepôts en acier : méthodes de justification et outils développés par le CTICM.
  • Conception structurale : dispositions à privilégier, notamment en matière de non-effondrement en chaîne et de ruine vers l’intérieur.
  • Intégration des murs coupe-feu : solutions traditionnelles et approches plus innovantes.
  • Ingénierie de la sécurité incendie : démarches permettant de justifier le comportement attendu des bâtiments en acier et d’envisager des solutions sans protection incendie.

« La réglementation exige une stabilité au feu R15 pour certains bâtiments à simple rez-de-chaussée (centres commerciaux, entrepôts de type ICPE rubrique 1510). Dès 2009, des règles de calcul spécifiques ont été développées pour les entrepôts à ossature métallique, permettant de justifier une stabilité au feu de degré R15 sans protection rapportée. »

— CTICM, programme de recherche « Sécurité incendie en construction métallique et mixte » — Source

3. Stabilité au feu R15 : la méthode qui évite la protection rapportée

C’est le point le plus tangible pour un maître d’ouvrage : justifier une stabilité au feu R15 sans flocage ni peinture intumescente change radicalement l’économie d’un bâtiment industriel. La démarche repose sur les principes généraux de la partie feu de l’Eurocode 3, en vérifiant que la capacité portante de l’élément en situation d’incendie reste supérieure ou égale à la sollicitation mécanique.

Ces règles s’appliquent notamment aux portiques en profilés laminés à chaud ou en PRS, ainsi qu’aux pannes en profilés laminés à chaud ou en profils minces formés à froid — c’est-à-dire à l’essentiel de la structure secondaire d’un entrepôt. Le CTICM a formalisé cette approche dans le guide de dimensionnement « R15 » et dans un logiciel de calcul gratuit, ce qui la rend directement applicable par un bureau d’études équipé.

Diagramme technique — stabilité au feu R15 d'une ossature acier sans protection rapportée, méthode CTICM
Justification R15 : le diagramme de sollicitation mécanique confronté à la capacité portante de l’acier à chaud (Eurocode 3, partie feu).

4. Trois approches au feu : ce que chacune coûte vraiment

Approche Principe Impact projet
Protection rapportée Flocage, peinture intumescente ou plaques sur les éléments porteurs. Coût matière + main-d’œuvre + délai de séchage ; à reprendre en cas d’ajout de charge.
R15 sans protection (guide R15 / CTICM) Vérification en capacité portante selon l’Eurocode 3 feu, adaptée aux bâtiments à simple rez-de-chaussée. Économie de protection, structure laissée apparente, entretien simplifié.
Ingénierie de la sécurité incendie (ISF) Justification du comportement global attendu via scénarios et modélisation. Solution sur mesure, exigeante en études, à cadrer tôt avec le bureau de contrôle.

💡 Verdict ANDO : sur un entrepôt ICPE à simple rez-de-chaussée, la démarche R15 sans protection est rarement une option « technique » : c’est un levier économique et de durabilité. Elle se joue en amont, au moment où l’on fige la trame, les sections et les assemblages — pas en fin de chantier, quand la protection rapportée devient la seule variable d’ajustement. Notre rôle de bureau d’études est d’arbitrer ces choix dès l’esquisse, avec le maître d’ouvrage et le bureau de contrôle.

Intérieur d'entrepôt métallique ICPE — mur coupe-feu en panneaux sandwich, désenfumage et protection incendie
Mur coupe-feu en panneaux sandwich, désenfumage et exutoires : le compartimentage, autre volet décisif de la sécurité incendie d’un entrepôt.

5. Non-effondrement en chaîne et ruine vers l’intérieur : les dispositions oubliées

Un sinistre dans un entrepôt ne se limite pas au compartiment sinistré : l’effondrement progressif d’une travée peut entraîner des éléments voisins, aggraver l’intervention des secours et compromettre la structure au-delà de la zone de départ. La conception doit donc intégrer des dispositions de non-effondrement en chaîne et de maîtrise de la ruine vers l’intérieur, en cohérence avec les exigences de comportement structural.

Concrètement, cela se traduit par la robustesse des assemblages, la continuité des files de portiques, la hiérarchisation des modes de ruine et l’articulation avec les murs coupe-feu. Ce sont des choix de modélisation et de détails d’exécution qui se décident en phase d’études — et qui, mal anticiper, se paient en reprises sur site.

6. La méthode ANDO : l’ingénierie au feu intégrée dès la note de calcul

Fort de plus de 15 ans d’exercice et de centaines de projets livrés, ANDO est un bureau d’études structures métalliques & bois basé à Lille, qualifié OPQIBI, qui intervient sur l’ensemble du territoire national : Lille, Paris, Nancy, Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Nantes. Nous accompagnons aussi bien les industriels que le tertiaire, les collectivités, les architectes et les particuliers.

Nos études s’appuient sur les Eurocodes et sur le respect du Code du Travail, avec un outillage logiciel de haut niveau : GRAITEC ADVANCE DESIGN, CYPE 3D, IDEA STATICA, TEKLA (BIM) pour la modélisation et la coordination, SOLIDWORKS et AUTOCAD pour la conception et les plans d’exécution. Cette continuité numérique — du calcul à la fabrication — est précisément ce qui permet de tenir rigoureusement une justification au feu, de la note de calcul aux plans de charpente.

Ce que nous prenons en charge

  • Notes de calcul et justifications réglementaires (stabilité au feu, Eurocodes).
  • Plans d’exécution et de fabrication, dans une logique EN 1090-2.
  • Modélisation 3D / BIM et études de synthèse, scan 3D de l’existant.
  • Diagnostic, renforcement et assistance technique en phase chantier.

Notre double compétence métal et bois nous permet d’arbitrer sur des solutions mixtes acier-bois-béton, souvent pertinentes lorsque l’exigence au feu se combine à des contraintes de poids ou de trame. Équipe d’ingénieurs qualifiés, assurances professionnelles : chaque note de calcul est un engagement que nous assumons.

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