Réemploi de l’acier de construction : la plateforme Métal Réemploi et le site physique de Saint-Priest changent la donne en 2026

Le réemploi de l’acier de construction franchit une étape historique en 2026. Entre le lancement de la plateforme numérique Métal Réemploi par le CTICM et l’ouverture du premier site physique de stockage et de requalification à Saint-Priest (métropole de Lyon), la filière construction métallique se dote enfin des outils industriels pour massifier la réutilisation de l’acier. Objectif : 15 % d’acier réemployé d’ici 2030, un levier majeur pour la RE2020 et la décarbonation du bâtiment.

1. Réemploi vs recyclage : pourquoi l’acier de construction est le matériau idéal

Si le recyclage de l’acier est une pratique bien établie — l’acier est l’un des matériaux les plus recyclés au monde —, il présente un coût énergétique et environnemental non négligeable. Comme le rappelle Jérôme Torsiello, président de Socam, entreprise iséroise spécialisée dans la construction métallique : « Recycler veut dire faire fondre, une phase très énergivore ». À l’inverse, le réemploi consiste à réutiliser un élément en acier sans le transformer industriellement, préservant ainsi l’intégralité du carbone déjà incorporé lors de sa première fabrication.

L’acier présente des caractéristiques uniques pour le réemploi : ses procédés de fabrication hautement industrialisés — profilage à froid, soudure standardisée, assemblages boulonnés — facilitent le démontage et la réutilisation. Un bâtiment à structure métallique construit il y a 50 ans peut encore fournir des élémentsPorteurs parfaitement réutilisables, sans perte de performance mécanique. C’est ce que souligne Christophe Bonhomme, président de Bonhomme Bâtiment : « L’acier ne s’use pas. Sur un bâtiment construit en structure métallique il y a 50 ans, on peut encore réutiliser une partie des ouvrages. »

Chantier de construction métallique moderne intégrant des poutres en acier réemployé
La construction métallique moderne intègre de plus en plus d’éléments en acier de réemploi, sans compromis sur la performance structurelle.

Les avantages clés du réemploi de l’acier

  • Impact carbone quasi nul : un acier neuf génère 1,67 kg CO₂/kg, un acier bas carbone 0,68 kg CO₂/kg, tandis que l’acier de réemploi s’approche de zéro, évitant toute nouvelle phase de production industrielle.
  • Contribution directe à la RE2020 : le réemploi améliore significativement le bilan carbone des opérations de construction, répondant aux exigences des paliers 2028 et 2031 de la réglementation environnementale.
  • Souveraineté industrielle : dans un contexte de tensions géopolitiques et de volatilité des prix des matières premières, le réemploi réduit la dépendance aux importations et sécurise les approvisionnements.
  • Performance conservée : les éléments requalifiés font l’objet d’attestations de performances conformes aux règles de l’art et aux Eurocodes, garantissant la sécurité des ouvrages.

2. Métal Réemploi : la plateforme numérique du CTICM

Pour structurer la filière et lever les freins au réemploi, le CTICM (Centre Technique Industriel de la Construction Métallique) a développé Métal Réemploi, une plateforme numérique dédiée à la vente et à l’achat de produits de réemploi et de réutilisation de la filière métallique. Cette marketplace professionnelle met en relation offreurs et demandeurs d’acier de réemploi, avec un processus de qualification transparent et tracé.

Les produits mis en vente sont en partie requalifiés, avec des attestations de performances conformément aux règles de l’art. Le CTICM a également travaillé, avec l’ensemble des acteurs du secteur, sur un référentiel technique permettant d’assurer les constructions intégrant de l’acier réemployé. Ce travail de normalisation est essentiel pour donner confiance aux maîtres d’ouvrage, aux architectes et aux bureaux d’études comme ANDO, qui doivent pouvoir garantir la conformité des ouvrages aux Eurocodes.

« Le réemploi de l’acier dans la construction représente une opportunité considérable pour réduire l’empreinte carbone du bâtiment. Avec Métal Réemploi et le référentiel technique du CTICM, nous disposons désormais des outils pour passer d’une pratique artisanale à une filière industrielle structurée. »

3. Saint-Priest : la première plateforme physique de réemploi d’acier

Pour compléter l’outil numérique, il manquait un étage à la fusée : un site physique de stockage et de requalification. C’est désormais chose faite avec l’ouverture de la plateforme de réemploi d’acier de Saint-Priest, dans la métropole de Lyon. Portée par trois constructeurs métalliques régionaux — Socam, Bonhomme Bâtiment et Giraud-Delay —, cette installation de 1 800 m² sur une friche industrielle a été inaugurée le 1er juillet 2026.

Comme l’explique Jérôme Torsiello : « L’outil manquait à la filière. Cela nous permettra d’être visibles, de montrer les éléments réemployables. Il fera office de lieu de stockage tampon. » La plateforme constitue une véritable vitrine pour les acteurs de la construction métallique et un maillon essentiel de la logistique du réemploi.

Pour les bureaux d’études comme ANDO, basé à Lille mais intervenant sur tout le territoire national, ces infrastructures facilitent l’accès à des matériaux certifiés et tracés, simplifiant l’intégration du réemploi dans les projets de structure métallique.

Plateforme logistique de stockage et tri de poutres métalliques de réemploi à Saint-Priest
La plateforme de Saint-Priest (1 800 m²) permet le stockage, le tri et la requalification des éléments en acier destinés au réemploi.
Type d’acierBilan carbone (kg CO₂/kg)Impact RE2020
Acier neuf standard1,67Niveau de référence
Acier bas carbone0,68Performance améliorée
Acier de réemploi~ 0,05Niveau optimal — conforme paliers 2028-2031

💡 Verdict ANDO : Le réemploi de l’acier de construction est une opportunité technique et réglementaire majeure pour la filière. En tant que bureau d’études certifié OPQIBI, ANDO accompagne déjà ses clients dans l’intégration d’acier réemployé dans leurs projets, en réalisant les notes de calcul et plans d’exécution conformes aux Eurocodes. La montée en puissance des plateformes Métal Réemploi et Saint-Priest va accélérer cette dynamique et démocratiser la pratique auprès des maîtres d’ouvrage publics et privés.

4. Les enjeux techniques du réemploi pour les bureaux d’études

L’intégration d’acier de réemploi dans un projet de construction métallique soulève des questions techniques spécifiques que les bureaux d’études doivent maîtriser :

Requalification des matériaux : chaque élément d’acier réemployé doit faire l’objet d’une évaluation de ses caractéristiques mécaniques (limite d’élasticité, résistance en traction) et géométriques. Les outils de modélisation comme GRAITEC Advance Design, CYPE 3D ou IDEA StatiCA, utilisés quotidiennement par ANDO, permettent de vérifier la conformité des assemblages et des éléments structuraux intégrant de l’acier de réemploi.

Traçabilité et certification : la plateforme Métal Réemploi du CTICM garantit une traçabilité complète des produits, indispensable pour les attestations de conformité aux Eurocodes et à la norme NF EN 1090 sur les classes d’exécution EXC1 à EXC4. Pour les projets nécessitant un marquage CE, cette traçabilité est un prérequis.

Conception adaptée : le réemploi implique souvent d’adapter la conception aux dimensions disponibles, plutôt que de commander des éléments sur mesure. Cette approche « design for reuse » est déjà pratiquée par les équipes d’ANDO, qui maîtrisent la modélisation BIM sous TEKLA et SOLIDWORKS pour optimiser l’utilisation de gisements d’acier réemployé.

Schéma conceptuel de l'économie circulaire de l'acier dans la construction — cycle infini de réemploi
L’économie circulaire de l’acier dans la construction : concevoir durablement pour permettre le réemploi.

5. Objectif 2030 : 15 % d’acier réemployé, un cap réaliste

La filière construction métallique française s’est fixé un objectif ambitieux mais réaliste : atteindre 15 % d’acier réemployé dans la construction d’ici 2030. Pour y parvenir, plusieurs leviers sont actionnés :

Le déploiement des plateformes physiques, à commencer par celle de Saint-Priest, qui servira de modèle pour d’autres territoires. La généralisation de la plateforme numérique Métal Réemploi, qui facilite la mise en relation entre déconstructeurs et constructeurs. Et surtout l’évolution des pratiques de conception, portée par la RE2020 qui valorise de plus en plus fortement le recours aux matériaux biosourcés et de réemploi.

Cette dynamique s’inscrit dans le mouvement plus large de maturation de la filière construction métallique, qui célèbre en 2026 les 140 ans du SCMF (Syndicat de la Construction Métallique de France). Le SCMF souligne que la construction métallique française se veut « au cœur de toutes les solutions d’avenir » : décarboner le bâtiment, réindustrialiser les territoires, produire plus vite, mieux et durablement. Le réemploi de l’acier incarne parfaitement cette ambition.

« Ralentissement des marchés, incertitudes réglementaires et tensions sur les investissements : les entreprises de la construction métallique évoluent dans un environnement contraint. Jamais la filière n’a été aussi stratégique pour le pays. Décarboner le bâtiment, réindustrialiser les territoires, produire plus vite, mieux et durablement : la construction métallique française est au cœur de toutes les solutions d’avenir. »

6. Aller plus loin avec ANDO

Le réemploi de l’acier de construction est un sujet que nous suivons de près chez ANDO, bureau d’études structures métalliques et bois basé à Lille. Nous accompagnons nos clients, des industriels aux collectivités en passant par les architectes, sur tout le territoire national (Lille, Paris, Nancy, Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Nantes).

Pour approfondir le sujet :

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